Snow
White Xmas
Jeudi 9 décembre 2010, il est 10h30, la neige commence à tomber.
C’est beau, tout le monde s’extasie.
À midi, on s’interroge. Est ce que ça va tenir? Les enfants seraient tellement heureux, ils pourraient faire des batailles de neige, construire des bonhommes de neige. Et puis ça tombe bien, il y a des carottes dans le frigidaire pour la décoration.
À 15h, Paris et son Ile de France deviennent perplexes et transforment leurs joies matinales en crainte.
Et moi encore plus. Des bouffées de chaleur et des crises d’angoisse prennent possession de mon corps et de mon âme.
Une seule question me passe par la tête « Comment je vais rentrer chez moi? »
Tétanisée par la blancheur du sol et la lueur de ces phares rouges qui bloquent les rues, j’angoisse. Mon cerveau s’est arrêté depuis midi. J’ai peur.
Impossible de s’évader ou de penser à autre chose, la France ne parle plus que de ça. Il neige à Paris et en Ile De France. Les réseaux sociaux sont livides et aucun autre sujet ne fait autant de scoop. Pourtant l’hiver approche, rien de plus normal.
À côté de ça, les mêmes idiots en profitent pour ressortir leur blague préférée « Il neige « à Paris », et « Paris » croit que la France est paralysée! »
Forcément ces gens là ne vivent pas à Paris, et ont sans doute oublié que la Capitale n’a pas adapté son environnement à ce type de climat.
Contrairement à la Haute Savoie (par exemple au hasard) où ils ont l’habitude de passer les hivers sous ce lit blanc.
Mais ceux là on dû stopper leurs neurones pour ne pas pousser leur reflexion plus loin que le bout de leurs museaux.
Quoiqu’il en soit, les faits sont là. Plus de 410 km de bouchons cumulés sur Paris.
Météo France avait pourtant prévenu, mais l’Etat n’a pas prêté garde engendrant ainsi la colère des parisiens et autres banlieusards.
Certains vont passer plus de 4 heures pour parcourir 3kms.
Il est 18h, la neige s’est arrêtée de tomber mais c’est trop tard. Mon pire cauchemar est sous mes yeux. Pour rentrer, je n’ai pas une centaine de solutions.
Mon corps m’interdit de poser un pied sur ce sol immaculé devenu tapis de rue, car chute probable et conséquence irrémédiable.
Les taxis refusent de venir chercher les clients. Il y a bien trop de monde sur les routes.
Le transports en commun ne sont pas adaptés, il me faudrait affronter une centaine de marches tout en étant bousculée par l’autochtone qui m’insulterait sur place car je ne suis pas assez rapide pour lui. Et puis, il y a au moins 5 bonnes minutes de marche pour accéder au métro. Inimaginable.
Après l’angoisse, la raison prédomine. Le calme refait surface, du moins il le laisse paraître.
21h, je me décide à partir avec ma voiture. Celle qui m’accompagne dans tous mes déplacements, celle qui me comprend et m’aide.
Les rues semblent plus vides que tout à l’heure, j’avance doucement mais sûrement. Finalement il m’aura fallu plus d’une heure pour réaliser un parcours qui ne dure habituellement qu’une dizaine de minutes.
C’est fait, je suis saine et sauve. Je respire, je vais bien mais je suis épuisée.
1 semaine s’est écoulée jour pour jour et demain je vais sans doute revivre cette même épopée. Je suis fatiguée d’avance. Fatiguée d’avance d’entendre et de lire les mêmes commentaires de ces mêmes gens.
Néanmoins, cette fois ci, le gouvernement semble avoir été un chouilla plus conciliant et s’est enfin décidé de ne pas attendre la venue du mal pour faire le nécessaire. On sait faire de la prévention pour une grippe mais impossible pour la neige. C’est tout bonnement ridicule.
Le ridicule est poussé à l’extrême lorsque les ministres français reprochent aux météorologues de ne pas donner le nombre de centimètres prévu sur une période. C’est de notoriété publique, nous sommes tous médiums. Le gouvernement est vraiment rempli de blaireaux.
Demain, je vais encore devoir me battre.

