Fall
On croit pouvoir sourire de tout mais en fait non.
On se plaint, on gémit, on a mal mais ce n’est rien. Non ce n’est rien à côté de ce que l’on ne sait pas ou de ce que l’on ne veut pas voir. La politique de l’autruche est apaisante et enivrante.
On aide (comme on peut), on soutient, on est là. Tout le temps.
Puis un jour, tout disparaît. En un claquement de doigt. Ça fait mal. Mais ce n’est toujours rien à côté du reste, de ce qui nous attend, de ce qu’on ne veut toujours pas savoir.
Fermer les yeux et rêvasser. Impossible. Le point de non retour est déjà installé. Impossible de lutter. On se concentre, on y croit, fermement, sincèrement, mais c’est au dessus de toutes forces. On chute, on se relève mais on retombe quasi immédiatement.
La rage prend possession de l’esprit, le désarroi, la crainte. Ça ne fait plus mal, le corps est anesthésié, les sens aussi. L’essence de soi s’est évaporée.
Personne ne voit, personne ne veut voir, c’est plus simple. Alors on se retrouve finalement seul. Les tentatives d’appel à l’aide restent vaines, nous ne sommes plus rien.
Tu as déjà disparu…et personne ne s’en est rendu compte.
Ne t’en fais pas, je vais bien.